Peinture à l'huile/collage mixte.
Toile influencée par le roman éponyme de Marcel Aymé et construite d'après une photographie de Dune Varela.
Vers Danièle S.
Les pierres se taisent. Engourdies, mes mains suivent leurs précieux dénivelés pour se perdre sous la niche d'une vipère. Sa petite tête triangulaire possède un chas où
se glisse la largeur d'un ongle. Je recueille une goutte, fruit de son hibernation et sereinement la porte à mes yeux, qui l'un après l'autre s'estompent à leur tour dans l'ombre humide de son terrier. Dans mon sommeil ,alors,les courants souillent mes veines. Ruisselle aussi un embryon long comme une banderole, tachée de peines, indélébile, malade comme usé. Mauvaise passe. Mon corps suspendu à l'horizontale d'une branche, dessine une bouche immense, porté par deux gaillards.
Et de l'autre coté,se profilent ces puits de savoir maniant à la pointe de l'épée le verbe et le caractère, glabres,dont les inoubliables cicatrices de tatouage restent comme autant de séismes avortés..Dharma.
Les montagnes célestes et imageries au parfum d'éternité. Simplissime.
Le dragon caché sous un nuage. Exotisme.
Frémissement des mains ouvertes à la mémoire. Précision. Comme un noyé remonte à la surface. Dos à dos. A la lune.
Arrêt du parlement d'Angleterre 1770:« Toute femme de tout age, de tout rang et de toute condition ,vierge, fille ou veuve, qui trompera, séduira ou entrainera au mariage quelqu'un des gracieux sujets de sa majesté à l'aide de parfum, faux cheveux ou autres cosmétiques, encourra les peines établies par la loi contre la sorcellerie ou autres manœuvres et le mariage sera encouru nul et de nul effet ».Soit. C'est dit.
Une sculpture de verre dans la figure des renégates, derrière les dunes, chargées de recouvrir leurs visages bleuis. Une entaille à chaque annulaire. Les dents de devant brisées par l'impact. Ce lieu de toutes les résiliences se fondra avec la mer lorsqu'elle remontera. Dés lors nous chanterons. Et nous les laisserons regagner les courants qui mènent le large. Et nous chanterons,une nouvelle fois, pour être sures qu'entendues au loin, nos voix les conduisent loin des vieilles lois..
Ils ne peuvent rien pour moi. Sans musique. Condamnée. Sur mon dernier rocher, il y a des traces de sang qui ne partent pas et vont si bien avec les feuilles d'automne que personne n'a pensé à les effacer.
Alors écoute, que de ton seuil à mon seuil,seul un pas s'écoule en sablant les heures. Caresse moi avec mes ronces,caresse moi avec ton coeur. Demain il y aura de nouveau un mur.